Erreur

                                 LE JUBÉ DE NOTRE DAME DE LIESSE                                   

(ne pas confondre ici ces 2 Henri II, Henri II, Roi de France, Grand père d’Henri II de Lorraine)

Ce jubé a longtemps été attribué à tort à la Duchesse de Joyeuse et à Charles de Lorraine, duc de Guise, qui étaient, entre 1610 et 1630, les propriétaires du château de Marchais. Or, c’est dans les archives d’un 'tabellion' (aujourd’hui on dirait : notaire) de Nancy, un certain Christophe Viriet, que résidait le document attestant la véritable identité de la donatrice, puisque c’est une donatrice :

                                                                             Marguerite De Gonzague,
                                                                                            épouse de 
                                                                          Henri II le Bon, duc de Lorraine,
                                                                       membre de la Famille de Lorraine,
                                   mais seulement lointain arrière petit neveu de Claude, le 1° duc de Guise.

Marguerite était la fille de Vincent De Gonzague, duc de Mantoue
et de Eléonore de Médicis. Elle est une nièce de Marie de Médicis. 

Pourquoi une Duchesse de Lorraine, résidant à Nancy, s’est-elle penchée sur le devenir de la chapelle de Liesse ?
La réponse à cette question tient dans le déroulement de la vie de ce couple.
Henri II de Lorraine est né le 8 novembre 1563 à Nancy. Il était le fils aîné de Charles III de Lorraine et de Claude de France, la fille du Roi de France Henri II.
En première noce, le 31 janvier 1599, Henri II épouse Catherine de Bourbon, la sœur du Roi de France Henri IV qui ne lui donnera pas de descendant et décèdera en 1604 à Nancy.
Henri II va alors épouser Marguerite de Gonzague, fille du duc de Mantoue et nièce de Marie de Médicis. Le mariage aura lieu à Mantoue le 24 avril 1606.
De cette seconde union vont naître 4 filles :
     - la première, née et décédée en 1607,
     - la seconde, Nicole de Lorraine, née en 1608,
     - la troisième, née le 10 février 1611, décédée le lendemain,
     - et la quatrième, Claude de Lorraine, née en 1612.

Or, Henri II est le descendant de René II, ce duc de Lorraine (1451-1508) qui a vaincu le Téméraire à la bataille de Nancy en 1477 et cet  ancêtre avait stipulé, dans son testament, que le Duché de Lorraine ne pouvait se transmettre qu’en lignée masculine.
Le couple se trouve en manque de descendance masculine. Marguerite de Gonzague sait qu’à Liesse, on invoquait de façon plus particulière Notre Dame pour la fécondité des foyers et la santé des jeunes enfants.
De là à croire que c’est ce fait qui a amené la Duchesse à Liesse auprès de Notre Dame, cela ne doit pas être impossible.
Le très beau jubé qu’elle offrit devait certainement concrétiser sa supplication.

Les archives de Lorraine gardent les traces de 3 pèlerinages de Marie de Gonzague à Liesse :
     - le premier en 1614,
     - le second en 1623,
     - le troisième en 1628.

Selon les actes retrouvés chez le notaire de Nancy, c’est le 13 avril 1616 qu’a été décidée la construction du Jubé pour Liesse. Il aurait donc été envisagé à la suite du premier pèlerinage.
Les actes de Nancy précisent que les travaux du jubé de Liesse devaient être terminés pour la Saint Jean–Baptiste de 1617.
On trouve également dans cet écrit le nom des 2 hommes qui, en tant que architecte et sculpteur, ont réalisé l’ouvrage : Cornille ou Corneille Desmaires et Hermann Liep, des hommes qui laisseront leurs noms dans la réalisation d’autres ouvrages lorrains, comme les fortifications de Marsal et le maître autel de Mirecourt, en particulier, qui a une ressemblance avec celui de Liesse.
Mais si ce jubé est parvenu jusqu’à nous sans être détruit comme cela fut le cas de presque tous les jubés de France (seules 5 cathédrales ont gardé leur jubé), ce n’est pas sans transformations. L’ensemble ressemble encore très bien à l’original dont on retrouve la description dans les minutes du notaire Viriet. Ce sont surtout les 'décors' qui ont évolué.
Sur la façade côté nef, il ne reste que les retables en forme de niches des deux autels latéraux mais vides des statues ou tableaux qui ont pu y être déposés ; sur le dessus de l’arche, il y avait des statues de Marie, de St Jean et de deux anges portant les Armes de la famille ducale ; celles-ci ont disparu, mais on peut voir la place qu’elles occupaient sur quatre petits piliers à corniches. A l’arrière, côté chœur, les trois arches d’origines ont fait place à un unique grand arc surbaissé allant de mur à mur. Au dessus de la balustrade, un amortissement avec des colonnes a été rajouté. Toutes les armoiries de la voûte (16) ont été enlevées. Elles représentaient les familles d’extraction des deux époux, Henri II et Marguerite de Gonzague. Les tableaux noirs étaient prévus à l’origine. On remarquera que, sur celui du haut, portant l’origine du jubé, il est écrit 'Lorraine' avec un seul R.  (en latin LOREINA , anagramme de ALERION, le nom donné aux Aigles, tenants des Armories de Lorraine).

On pourrait ajouter que le vœu qui serait à l’origine de ce magnifique jubé n’a pas été exaucé et que Marguerite de Gonzague décédera en février 1632 sans avoir eu le fils souhaité.
Henri II de Lorraine avait d’ailleurs déjà contourné le testament de son ancêtre en mariant, en 1621, sa fille Nicole avec Charles IV, le fils de son frère François II, ainsi le duché restait dans la Famille !

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Est-ce également ce non aboutissement et le mariage de sa fille qui a conduit la Duchesse à différer le paiement de certains des travaux ? En effet, le 11 février 1626, un certain Jean Pescheret, chanoine et trésorier de la chapelle de Liesse, s’est rendu en pèlerinage à Saint Nicolas de Port, au sud de Nancy, et par la même occasion, il est intervenu auprès de la Duchesse « pour la supplier de suppléer à la dépense du Jubé du sanctuaire, entreprise sous l’assurance qu’elle a donnée d’en faire les frais ».



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Le mot 'jubé' est le premier mot de la prière qui était dite du haut de cet édifice :
                                                 « Jube, Domine, benedicere… Daignez, Seigneur, bénir… »

Le dessus du jubé dit 'balustrade' est accessible par un escalier latéral. Le sol en est pavé pour permettre le passage et un pupitre est prévu dans la construction pour poser un livre. C’est du haut de ce jubé que l’officiant lisait les évangiles ou les épîtres.

On remarque, lorsque l’on marche sur le jubé, au dos de l’amortissement central, une fleur d’artichaut, symbole de fécondité. Cette fleur est le seul décor existant sur ce passage ! Mais est-elle d’origine ? Certains ont pensé qu’il s’agissait du chardon de Lorraine mais c’est bel et bien un artichaut !

Vers le milieu du XVII° siècle, on a trouvé que le jubé cachait le chœur aux fidèles de la nef. C’est pourquoi beaucoup de jubés ont été démolis à cette époque. Il a, par la suite, été remplacé par la chaire. Seules 5 ou 6 cathédrales de France ont conservé leur jubé.

A Liesse, dans le livre de Duployé (1865), on peut lire :
« … cette contrefaçon de jubé qui est moins faite pour une porte de sanctuaire que pour une entrée de sépulcre… et son style ne répond pas à celui de l’église. On rendrait grand service à la beauté de l’église en la débarrassant de tout ce placage de couleur sombre qui arrête désagréablement les yeux et enlève au sanctuaire le bénéfice de son architecture. »
(Apparemment l’auteur de cet écrit n’appréciait pas le style italien Renaissance ! )

La grille de séparation entre le chœur et la nef ne semble pas avoir été installée au moment de la construction du jubé. Elle a été rajoutée après coup, grâce à un don de la Famille de Soyecourt (comte de Tillolois, marquis de Cernay), peut-être vers 1660.
La grille qui sépare le chœur est aujourd’hui en fer forgé. Elle a été donnée à la chapelle par Madame de Soyecourt, carmélite et dernière de la lignée des Soyecourt.
On peut lire dans certaines archives que la grille de 1771, une grille de bronze qui aurait servi à fermer le chœur jusqu’en 1777,  avait été remplacée par une seconde grille en fer forgé que les révolutionnaires ont arrachée et brisée. Celle-ci serait donc, en fait, la troisième grille. On peut lire sur les barreaux de cette grille à hauteur de main, le nom gravé des Soyecourt.

On peut aussi rappeler ce fait étonnant, en pleine occupation allemande, qu'en 1916, les pierres du jubé qui avait été rongées par le temps, ont été remplacées par des pierres blanches prévues alors pour la restauration du portail.

Sur la reproduction de cette lithographie d’avant 1850, on peut voir que les statues des autels étaient encore en place, de même que les statues entourant le Christ.


*****

Pour situer Marguerite de Gonzague dans la branche des Lorraine...

Ferry II
(décédé en 1470)
Comte de Vaudémont
Comte de Guise
épouse : Yolande de Lorraine

Ici commence la 3° Maison de Lorraine dite « de Lorraine-Vaudémont , 1473-1737 »

René II
(1451-1508)
Duc de Lorraine (de 1473 à 1508)
et de Bar ( de 1480 à, 1508)
épouse
1° : en 1471 Jeanne d’Harcourt
mariage annulé en 1485
2° : en 1485 Philippa de Gueldre (décédée en 1547)


Antoine le Bon........................................ et........................................ Claude              
(1489-1544)                                                                         premier Duc de Guise
Duc de Lorraine et de Bar (de 1508 à 1544)                                                       ↓                        
épouse en 1515 Renée de Bourbon ( décédée en 1539)               lignée des 7 Ducs de Guise                       


François 1°
(1517-1545)
Duc de Lorraine et de Bar (de 1544 à 1545)
épouse en 1541 Christine de Danemark (décédée en 1590)
régente de 1550 à 1552


Charles III le Grand
(1543-1608)
Duc de Lorraine et de Bar (de 1545 à 1608)
épouse en 1559 : Claude (décédé en 1575 )
(fille de Henri II, Roi de France)


Henri II le Bon
(1563-1624)
Duc de Lorraine et de Bar (de 1608 à 1624)
épouse
1° : en 1599, Catherine de Bourbon (décédée en 1604)
(sœur du Roi de France  Henri IV )
2° : en 1606, Marguerite de Gonzague (décédée en 1632)      <= donatrice du jubé de Liesse 




L'artichaut, symbole de fécondité


                                                                                                                                                    (Jean PESTEL - Mars 2011)



 
 
 
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