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LE BLASON DE LIESSE NOTRE-DAME...
...SON HISTOIRE


                                                              (Laurent DENNEVAL)

 

                                                                    Généralités                                                                    

          De tous temps, et quelle que soit la civilisation, l’Homme a eu besoin de s’identifier. Cette identification, personnelle ou de clan, s’effectue à l’aide d’un système emblématique utilisant de nombreuses figures et symboles.

          Les représentations sont relatives à une symbolique spirituelle, à un fait d’armes, à une situation artisanale, à un métier, à une corporation…

          La spécialité, l’art, la science, qui se consacre à l’étude de ces différents symboles des blasons est née au XIIème siècle, et s’appelle l’héraldique. Science par la rigueur de ses règles, art, par la beauté et la pureté de ses illustrations visuelles.

          Les pays, les régions, les villes, les villages, ont pour la plupart tous un blason. Les villes adoptèrent à l’origine des emblèmes du pouvoir municipal (échevin, consul, …), mais à partir du XVIème siècle, la majorité des cités adoptèrent des armoiries régulières qu’elles empruntèrent à des fastes locaux, ou qu’elles avaient reçues de leurs Seigneurs. Une enceinte, une tour, un pont, figurèrent dans les armoiries du plus grand nombre.

          Avant le XVIIème siècle, l’autorité royale n’intervenait pas dans le dessin ou l’enregistrement des armoiries des villes, hormis dans le cas de concessions qui se produiront à partir du XVème siècle (il est possible que le blason médiéval de Liesse ait été l’une de ces concessions), par lesquelles le roi seul accorde à une cité le privilège de porter les lys ou d’autres 'meubles'.

          L’édit de novembre 1696, le premier, promulguait une réglementation générale des armoiries, qui devait aboutir à un recensement de tous les blasons existants, et à une imposition d’office aux cités qui n’en possédaient pas.

          Mais sous la révolution, ces emblèmes furent supprimés et le demeurèrent jusqu’au décret du 17 mai 1809 qui rendit aux villes le droit d’obtenir des armoiries. Ce décret détermina pour les villes de France, un ensemble de prescriptions qui furent désormais appliquées, dans l’ordre des couronnes murales (ce qui chapote le blason de Liesse) ,des signes distinctifs, des ornements extérieurs. Il demeure le texte fondamental.

          Sous le règne de Louis Philippe, les villes prirent les armoiries qui leur convinrent.

         Présentement, la loi du 05 avril 1884 accorde aux communes la souveraineté totale, en matière d’armoiries. La délibération du Conseil Municipal qui en aura accepté la composition, est l’acte officiel par lequel le blason communal acquiert son existence légale. Il s’ensuit que la description de ce blason, qui figure au texte de la délibération, devient la description officielle de ces armoiries.

          Quelle est en effet la commune qui, à l’occasion d’une fête, d’un événement, n’a pas fait broder sur ses bannières, des armoiries n’ayant souvent rien d’officiel, mais que l’usage a fini par consacrer. En pareil cas, cependant, si l’on n’a pas la précaution de fixer les armoiries d’une façon définitive, soit par délibération du Conseil Municipal, soit par une reproduction durable, elles risquent fort de changer régulièrement au gré des différentes interprétations, ou même de tomber dans l’oubli.

          Les armoiries municipales ont un triple emploi défini :

          - Elles sont une marque de propriété : sceau, sculpture ou peinture sur les meubles et immeubles appartenant à la commune,
          - Elles sont un emblème particulier à l’ensemble des habitants,
          - Elles forment un motif décoratif propre à la localité.

          L’histoire de Liesse Notre-Dame, riche de par son histoire et ses légendes, a laissé les traces de plusieurs blasons :

          - Un blason médiéval,
          - Un blason contemporain, qui a subit plusieurs évolutions au gré des différentes interprétations dans le temps,
          - Des blasons 'fantaisistes'.

                                                      Quelques règles d’héraldique                                                      

          Les règles de l’héraldique sont très strictes. De façon simpliste, on peut les résumer comme suit. A l’intérieur de l’écu, il existe les 'couleurs' et les 'figures'. A l’extérieur, les 'ornements'.

          - Les couleurs se divisent en deux groupes :

                    - 1 : Les métaux, or et argent.
                    - 2 : Les émaux, rouge (appelé gueule), noir (sable), bleu (azur), vert (sinople), violet-gris (pourpre).

          - Les figures sont géométriques, ou représentent des animaux, des végétaux, des objets, des symboles, …
 
          - Généralement, les armoiries municipales sont 'timbrées' d’une couronne crénelée, dite 'murale', que la ville ait été fortifiée ou non. Ces murailles crénelées, peintes de couleur or, sont souvent agrémentées de tours dont le nombre n’a point d’importance ; on en trouve à trois, quatre, voire cinq tours apparentes. C’est Napoléon 1er qui introduisit en France l’usage des couronnes.

          - On encadre les blasons d’une branche de chêne, ou de laurier, au naturel ou d’or, plus rarement de ceps de vignes, de branches de lys, d’épis de blé, ou de plantes aquatiques, croisées par le bas et liées par un ruban du champ de l‘écu.

          - Les villes qui sont honorées de l’insigne de la légion d’honneur, de la croix de guerre, ou d’autres, placent ces insignes suspendus à un ruban au-dessous de l’écu.

          - La devise se place au-dessus ou au-dessous de toute la composition, sur un ruban qui se prête à des enroulements artistiques.

                                                  Le blason contemporain : origines                                                  

          Il a été 'composé' à la demande de Monsieur HUBERT, maire de Liesse en 1850, par un érudit du département, Amédée PIETTE, qui a laissé le message suivant :

          

   
            





«  En l’année 1850, j’étais contrôleur de Laon, et j’avais la ville de Liesse dans ma division. On construisait alors l’Hôtel de Ville, et Monsieur HUBERT, maire de la commune, avec lequel j’étais fort lié, me chargea de lui confectionner un blason qu’il pût faire graver sur la façade du monument, et qui devait être considéré comme les armes de la ville de Liesse. Voici les armoiries que je me suis empressé de lui adresser :

«  D’argent à trois aigles déployés de sable,
Au chef d’azur chargé d’or du monogramme de la vierge.
Devise : Causa Nostrae Laetitiae. »

          Les trois aigles déployés sont tirés de la famille des Seigneurs d’Eppes qui portaient le sinople à cinq aigles déployés d’or. Ils représentent les trois paladins de la terre sainte, et le monogramme du chef rappelle la consécration de la ville à la Vierge. La devise, tirée des litanies, présente, comme beaucoup de devises du Moyen Age, un double sens qui permet de la lire ainsi : 'cause de notre joie' ou 'origine de notre ville de Liesse'.
           Un jour, quand les archéologues de l’avenir se disputeront sur l’origine de ces armoiries, cette note, si elle tombe sous leurs yeux, pourra les aider à élucider la question. »

                                                                                                           Signé monsieur PIETTE, le 20 juin 1850.

Qui était monsieur PIETTE ?

           Louis Victor Amédée PIETTE, né à Vervins en 1808, décédé à Soissons à l’âge de 75 ans.
          De par sa profession, contrôleur principal. Mais c’était avant tout un archéologue, historien savant, amoureux de l’histoire locale ( ses confrères de la Société Archéologique de Vervins l’avaient décrit comme appartenant au 'génie'de l’histoire locale).
          Son travail de contrôleur, l’avait amené à parcourir les communes de plusieurs cantons, à en étudier les industries, les territoires, la nature et la qualité de leurs sols.
          Il a été membre de la Commission des Antiquités à Laon, chargé de décrire et faire connaître les monuments anciens de la région.
           Il réunissait dans un même sentiment, l’amour de son pays et l’amour de l’histoire locale.

                              

               

Représentation des armes de l’église
 de Liesse Notre Dame
(qui n’était pas encore Basilique en 1850)

 

Les armoiries dessinées par monsieur PIETTE sont représentées au-dessus de la porte d’entrée, et au fronton de la Mairie.


          Sur un dessin colorié, conservé dans la collection PIETTE, aux Archives Départementales, l’écu est encadré d’une branche de chêne et d’une branche de laurier, liées par le bas. Le chêne symbolisant la force, la résistance et le laurier la victoire, le succès.
          On remarque facilement que les émaux imitent ceux des armes de la ville de Laon.
          Sur un vitrail de l’église de Liesse (deuxième partie du XIXème siècle, lors de l’agrandissement des bas-côtés), on pouvait retrouver le même écu, les mêmes emblèmes, mais avec des émaux (couleurs) différents. Le champ était d’azur et les aigles d’argent ; le chef était d’or, et l’Avé Maria de gueule (rouge).
          Il ne s’agit plus alors des armes de la ville, mais de celles de la basilique ; les émaux sont inspirés des armes de Monseigneur THIDAUDIER qui était évêque de Soissons, lors de la composition desdites armoiries.
          Le sens de ces armoiries, aussi bien celles de la ville, que celles de la basilique, est précis, comme pour toutes celles qui ont une origine moderne ; c’est toute l’histoire résumée du pèlerinage.

                                              Le blason contemporain : évolution                                                   

          Après avoir interrogé plusieurs spécialistes en héraldique, consulté la Commission Nationale Héraldique (organisme dépendant des Archives Nationales), puis la Société Française d’Héraldique et de Sigillographie, et suite aux recherches effectuées aux Archives Départementales de l’Aisne, il est aisé de conclure que le blason de Liesse Notre Dame a subi au fil du temps, différentes interprétations, soit par méconnaissance des règles héraldiques, soit par manque d’observation, soit pour des raisons de facilité.

          Ces diverses modifications, relatives aux couleurs, à la posture des aigles, et aux ornements, font la différence avec la définition et le dessin original de monsieur PIETTE.

          Pour retrouver 'l’âme' du blason original, il est nécessaire de comprendre les aspects suivants :


Si l’on s’en tient à la définition
de monsieur PIETTE,
la représentation
qui se rapproche le mieux
du blason de Liesse
est cette dernière, hormis le rajout
de la croix de la citation
à l’ordre de l’armée.

1/ Les couleurs :
          Dans 'le langage du blason', il est conventionnel d’utiliser le blanc pour la représentation de 'l’argent', car le gris ou l’argenté pourraient créer une confusion avec le fer utilisé dans l’héraldique germanique. De même, la représentation de 'l’or' est le jaune (pas doré) ; et la traduction de la teinte 'sable' est le noir.

2/ Les aigles :
          Dans sa définition, monsieur PIETTE décrit 'des aigles déployés' (et non pas des merlettes, comme beaucoup de personnes ont pu le dire, par rapprochement avec le blason de Laon ).
          Or, on peut constater que sur le croquis original ainsi que sur les sculptures réalisées sur l’hôtel de ville, les ailes sont bien étendues, les extrémités tournées vers le haut, alors que sur le blason utilisé dans la deuxième partie du XXème siècle, les aigles sont représentés 'au vol abaissé'.

3/ Les ornements :
          On peut remarquer que sur le dessin original, les branches étaient à gauche de chêne et à droite de laurier; alors que sur le blason actuel, elles sont à gauche de laurier, et à droite de palme.

                                                        Le blason médiéval                                                                 

          La ville de Liesse avait-elle des armes avant la révolution ?
          Tout porte à le croire, car il existe dans un manuscrit du XVIIème siècle des Fonds Français de la Bibliothèque Nationale, un dessin d’armoiries attribuées à Liesse, se blasonnant comme suit :

                           





« Coupé en chef, parti de France et de Navarre ; en pointe d’azur à trois tours couvertes d’argent rangées en fasce »

C’est à dire :
« le haut (le chef) coupé en deux parties, l’une représentant les armes des rois de France, l’autres celles des rois de Navarre ; la pointe, de couleur azur, couverte de trois tours de couleur argent, alignées »


          Les trois tours pouvaient rappeler les trois clochers ou bien les trois chevaliers de la légende. Quant au chef, parti de Navarre, il pouvait être une concession du roi Louis XIII ou bien un hommage rendu à ce monarque, dont on connaît la dévotion particulière à la vierge et qui fit des libéralités à l’église du lieu, faisant construire une sacristie où l’on garde encore des souvenirs de cette dévotion.

          Quoiqu’il en soit, ces dernières armoiries ne figurent pas sur des documents locaux, et paraissent être restées inconnues de monsieur PIETTE.

                                                           Les blasons fantaisistes                                                          

                             

  




Blason tissé.


Carte postale C I M.
On peut remarquer que les aigles
sont représentés au vol abaissé.






Interprétation... peu valorisante du blason de Liesse Notre-Dame.



                                                         Bibliographie et contacts                                                        


- Commission Héraldique Nationale
   60, rue des Francs Bourgeois
   75141 PARIS

- Société Française d’Héraldique et de Sigillographie
  60, rue des Francs Bourgeois
  75141 PARIS Cedex 3

- Bibliothèque Nationale de France
  Département des Manuscrits
  58, rue de Richelieu
  75084 PARIS Cedex 02

- Jean-Paul de GASSOWSKI, spécialiste en héraldique
   La banque du blason

- Archives Départementales de l’Aisne
  28, rue Fernand Christ
  02000 LAON

- Les armoiries des villes et communes du département de l’Aisne
  HAROT Eugène 1930 (cote archives : 8° 292)

- Armorial général des communes de France
  LARTIGUE Jean-Jacques (cote archives : 4° 693)

- Dossier PIETTE. Liesse, « textes » (sans cote archives)

- Bulletin de la Société Archéologique de Vervins (1883)
  pour le descriptif de monsieur PIETTE

 

Photo extraite d'un manuscrit du XVIIème siècle
conservé à la Bibliothèque Nationale de France. 

 


 
 
 
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